J'écoute : "la Dame de Monte-Carlo", F. Poulenc Je lis : Le journal... Je joue : vent sot Je mange : toujours aussi peu Je bois : sonne Je cite : Adin Je pense : bête Je rêve : aux lussions (mis à jour lundi 9 octobre 2006 à 05:29)
Dans le golfe aux jardins ombreux,
Des couples blonds d’amants heureux
Ont fleuri les mâts langoureux
De ta galère,
Et, caressé du doux été,
Notre beau navire enchanté
Vers les pays de volupté
Fend l’onde claire !
Viens, nous sommes les souverains
Des lumineux déserts marins,
Sur les flots ravis et sereins
Berçons nos rêves !
Tes pâles mains ont le pouvoir
D’embaumer au loin l’air du soir,
Et dans tes yeux je crois revoir
Le ciel des grèves !
Mais là-bas, là-bas, au soleil,
Surgit le cher pays vermeil
D’où s’élève un chant de réveil
Et d’allégresse ;
C’est l’île heureuse aux cieux légers
Où, parmi les lys étrangers,
Je dormirai dans les vergers,
Sous ta caresse.
Un extrait de "Francis Poulenc et ses mélodies" de Pierre Bernac (Buchet/Chastel 1978). Les indications que donne Bernac dans "The interpretation of French song" sont plus ou moins redondantes avec ce texte, hormis la façon de faire ou ne pas faire les liaisons que je ne peux pas reproduire facilement.
« Si l'on mettait sur ma tombe : Ci-gît Francis Poulenc, le musicien d'Apollinaire et d'Eluard, il me semble que ce serait mon plus beau titre de gloire. »
Wilhelm Apollinaris de Kostrowitsky, dit Guillaume Apollinaire, est né à Rome en 1880. Il est le fils naturel d'Angelina de Kostrowitsky et de Francesco Flugi d'Aspremont. Il fait ses études dans divers collèges de Monaco, Cannes et Nice. Il vient à Paris en 1898, puis il est précepteur en Allemagne. Il revient à Paris et se lance dans le journalisme. Il se lie d'amitié avec les littérateurs et les peintres. (Alfred Jarry, Max Jacob, Picasso, Braque, etc.). A la fin de 1914, quoique étranger, il s'engage dans l'armée française. En mars 1916, il est blessé à la tête par un éclat d'obus. Il séjourne ensuite à Paris où il meurt le 9 novembre 1918, de la « grippe espagnole ». Principale oeuvres : Prose : « L'enchanteur pourrissant » (1909), « L'Hérésiarque et Cie » (1910), « Le Poète assassiné » (1916). Poèmes : « Le Bestiaire » (1911), « Alcools » (1913), « Calligrammes » (1918). « Les Mamelles de Tirésias » drame surréaliste (1918). Apollinaire a orienté la poésie symboliste dans des voies nouvelles qui annoncent le surréalisme. Comme critique d'art il eu une grande influence sur les débuts du mouvement cubiste.
Francis Poulenc a composé trente-cinq mélodies sur des poèmes de Guillaume Apollinaire, qui s'échelonnent de 1918 à 1956. « Dès mes premières mélodies, dit-il (dès Le Bestiaire), j'ai senti un lien sûr et mystérieux avec la poésie d'Apollinaire. » Le musicien avait pourtant à peine eu le temps de connaître le poète, mort en novembre 1918. Il ne l'avait rencontré que quelques fois, notemment chez Valentine Hugo.
A l'exception du Bestiaire et des Calligrammes, Poulemc a choisi presque tous les poèmes qu'il a mis en musique dans le volume: Il y a, publié chez Messein en 1925, qui contient quarante et un poèmes (1895-1917) et des écrits sur la littérature et sur la peinture.
Je dois immédiatement mettre en garde les interprètes des mélodies de Poulenc écrites sur des poèmes d'Apollinaire, car ils risquent de commettre de graves fautes de style. Je tenterai naturellement, dans mes commentaires sur chaque mélodie de signaler ces écueils. Cependant, voici, deux cas typiques :
Apollinaire et Poulenc ont souvent été inspirés par Paris. Leurs poèmes et leurs musiques en ont, d'une certaine façon, pris un accent un peu faubourien. Mais attention ! Lorsque Toulouse-Lautrec ou Degas (je pense à L'absinthe) peignent certains milieux, deviennent-ils vulgaires pour cela ? Certes non. Eh bien ! En poésie et en musique, comme en peinture, la beauté ne naît pas du sujet, mais du style. C'est ce qu'André Malraux exprime en disant : « Les oeuvres d'art ne tirent pas leur poésie de ce qu'elles représentent, mais se servent de ce qu'elles représentent pour trouver leur poésie spécifique. » Les oeuvres d'Apollinaire et de Poulenc en sont un exemple frappant. Il serait donc indigne des interprètes de les trahir, sous le prétexte de « faire de l'effet » sur le public.
D'autre part, on trouvera, dans beaucoup de mélodies de Poulenc sur des poèmes d'Apollinaire, une nuance particulière, fort bien décrite par Henri Hell : « Une ironie toujours voilée de tendresse, une gouaille malicieuse toujours proche des larmes, une cocasserie toujours prête à se changer en lyrisme. » J'ai moi-même l'impression que la mélancolie poétique de ces mélodies n'est souvent teintée d'humour, que par pudeur de sentiment, comme si le poète et le musicien souriaient de leur propre sensibilité. Quoi qu'il en soit, ce n'est jamais la cocasserie ou l'ironie, que les interprètes doivent faire ressortir et mettre en valeur, mais toujours la tendresse, le lyrisme, la poésie.
En voici immédiatement une preuve.
Poulenc avait à peine vingt ans lorsqu'il composa ces premières mélodies. Il avait mis en musique douze quatrains du Bestiaire, mais sur le conseil de son ami Georges Auric, il n'en conserva finalement que six.
Vingt ans plus tard Poulenc s'étonne que : « ces mélodies soient déjà « très Poulenc », et le « lien sûr et mystérieux avec la poésie d'Apollinaire » est attesté par une lettre que lui adresse Marie Laurencin, le peintre célèbre qui fut pendant dix ans l'amie du poète : « Tu ne peux pas savoir comme tu as pu rendre la nostalgie et la mélopée de ces admirables quatrains. Et ce qui me cause presque de l'émotion, on dirait la voix de Guillaume quand il récitait ces vers. » « La nostalgie et la mélopée », cela confirme bien ce que dit Poulenc : « Chanter Le Bestiaire avec ironie est un contresens complet. C'est ne rien comprendre à la poésie d'Apollinaire et à ma musique. »
« Le Dromadaire. » Ce poème n'exprime-t-il pas, à sa façon, ce que Jean de la Ville de Mirmont et Gabriel Fauré ont dit autrement : « Et j'ai de grands départs inassouvis en moi ? » (l'horizon chimérique.) Les indications « très rythmé et pesant » sont excellentes et noire=76 aussi. Mais avec le rythme, les deux interprètes doivent avoir un legato parfait. La nuance F. est préférable pour la voix, surtout étant donné la tessiture grave, et avec un timbre large et riche. Pour les deux derniers vers, je suggère de changer l'indication MF en P. pour le chanteur et le pianiste, ainsi que nous l'avons toujours fait avec Poulenc. Ne s'agit-il pas de donner la nostalgique impression que j'ai suggérée. Poulenc faisait toujours un léger ritenuto sur la dernière mesure de l'allegro final, et, en dépit de son indication, mettait toujours de la pédale.
« La chèvre du Tibet. » Ceci est un tendre petit poème d'amour heureux. Le Tempo noire=72 doit être très souple mais régulier. Un accent sur le mot : « ceux ». Les cinquième et sixième mesures dans la partie de piano seront très fluides. La mélodie se termine avec un ralenti dans la dernière mesure, qui devra s'éclairer d'un sourire, dans la voix et le visage.
« La sauterelle. » Quatre vers, quatre mesures. C'est assez pour que le poète et le musicien émettent le souhait que leur oeuvre soit le régal des gens de goût. Tempo noire=66 et imperturbable. Une respiration expressive entre la seconde et la troisième mesure. L'effet vocal sur les deux dernières mesures est difficile à bien réaliser. Je suggère que le chanteur attaque P. pour se donner la possibilité d'un diminuendo jusqu'au PP. Le ralenti de la dernière mesure peut se terminer par un court point-d'orgue.
« Le dauphin. » Le poème suggère fort bien les contrastes qu'il faut faire dans cette mélodie : le premier et le troisième vers sont MF. et rythmiques, le second et le quatrième P. et legato, on retrouve ainsi naturellement la juste expression de la déclamation. Le tempo indiqué est sans aucun doute trop rapide et noire=120 bien préférable. Ralentir seulement sur la dernière mesure.
« L'écrevisse. » Une douce philosophie règne et s'exprime dans ce poème et cette musique. Le tempo indiqué n'est pas bon, noire=88 est bien meilleur. La partie de piano doit être très legato. Le premier « à reculons » est F., et le second est P. en écho et ralenti (plus « qu'un peu »!) avec un long point d'orgue sur la note finale.
« La carpe. » Le pianiste et le chanteur doivent rivaliser de qualité sonore et de legato pour exprimer la mélancolie poétique de cette belle mélodie. Le tempo indiqué est un peu trop rapide, noire=54 est préférable. J'insiste pour que le chanteur « chante » bien chaque note en étirant chaque voyelle. Un petit crescendo sur le do bémol grave « de la mélan » permet de chanter le do bémol aigu, beaucoup plus P. avec un très léger ritenuto.
Un extrait du "Journal de mes mélodies", édité par Renaud Machart, éditions Cicero 1993. Les crochets indiquent des passages qui n'étaient pas présents dans l'édition originale (La Société des Amis de Francis Poulenc, chez Grasset, 1964)
11 Novembre 1939 [Ce sont] mes premières mélodies, composées en 1918, à Pont-sur-Seine. Je venais de connaître Apollinaire chez Valentine Hugo. Le cycle comprenait originairement douze mélodies. Je n'en ai gardé que six sur le conseil d'Auric [et de Raymonde Linossier]. A Pont-sur-Seine, j'étais soldat. En arrivant en permission à Paris : stupeur de constater que Louis Durey avait eu la même idée que moi et avait mis en musique tout le Bestiaire. [Je n'ai pas à juger le sien.] Du coup, je lui ai dédié le mien.
Ces courtes mélodies sont originalement composées pour voix et orchestre de chambre. On les a tant entendues au piano qu'on l'oublie. C'est dommage. Chanter le Bestiaire avec ironie et surtout des intentions est un contresens complet. C'est ne rien comprendre à la poésie d'Apollinaire et à ma musique. Je garde précieusement une lettre de Marie Laurencin qui trouve que mes mélodies ont le “son de voix de Guillaume” ; pas de plus beau compliment. Il a fallu que Marya Freund chante le Bestiaire aussi gravement que du Schubert pour qu'on comprenne que c'était mieux qu'une blague. Je m'étonne parfois que ces premières mélodies soient déjà “très Poulenc”. Je n'en dirais pas autant des Poèmes de Ronsard, écrits six ans plus tard. C'est d'ailleurs un cas assez fréquent de voir une personnalité qui s'affirme à ses débuts, puis s'égare. Qui peut admettre sans surprise que les Ariettes oubliées de Debussy sont antérieures aux Poèmes de Baudelaire ?
Dès le Bestiaire, j'ai senti un lien, sûr et mystérieux, avec la poésie d'Apollinaire.
“La Carpe” n'a rien à voir avec Fontainebleau. Je l'ai esquissée dans un wagon restaurant, entre Longueville et Paris.
De ce que fut mon enfance, je n'ai plus de souvenirs
C'est peut-être que la chance ne m'offrit pas de plaisirs
Et chaque jour qui se lève ne m'apporte aucun espoir
Je n'ai même pas de rêves, quand luit l'étoile du soir
Moi je m'ennuie
C'est dans ma vie une manie
Je n'y peux rien,
Le plaisir passe, il me dépasse.
En moi sa trace ne laisse rien
Partout je traîne, comme une chaîne,
Ma lourde peine, sans autre bien
C'est dans ma vie une manie
Moi, je m'ennuie.
Par de longs vagabondages j'ai voulu griser mon coeur
Et souvent sur mon passage j'ai vu naître des malheurs
Sur chaque nouvelle route, à l'amour j'ai dû mentir
Et le soir lorsque j'écoute la plainte du vent mourir
Moi je m'ennuie
C'est dans ma vie une manie
Je n'y peux rien,
Le plaisir passe, il me dépasse.
En moi sa trace ne laisse rien
Partout je traîne, comme une chaîne,
Ma lourde peine, sans autre bien
C'est dans ma vie une manie
Moi, je m'ennuie.
le 20 octobre 1956, Francis Poulenc écrit dans son "Journal de mes mélodies":
"Qui vous a le mieux chanté ?" me demandait dernièrement un jeune baryton américain. Je n'hésite pas : Jane Bathori pour mes premières mélodies, Marya Freund et Claire Croiza pour le Bestiaire. Suzanne Peignot pour les Airs chantés et les Cinq Poèmes de Max Jacob. Suzanne Balguerie pour les Fiançailles pour rire, Madeleine Grey (souvent dans des mélodies paradoxalement peu faites pour elle), Gérard Souzay (Priez pour paix, le Portrait) et ... pour tout le reste Pierre Bernac : bien entendu.
Voici donc Le Bestiaire, interprété par Claire Croiza (Francis Poulenc au piano).
Note: Si vous aimez ces mélodies et leur interprète, je ne peux que vous inviter à acheter le disque Marston dont est tiré cet extrait. Il est si rare d'avoir un éditeur faire de si bonnes restaurations de ces morceaux rares !
Si certains se contenteraient bien d'Eddie Cibrian ou d'Adam Rodriguez, je ne baisserais pas mon niveau d'exigences à moins bien que Casper van Dien ou Jared Leto.
Mais tout bien réfléchi, plus mignon=plus demandé, donc soyons pragmatiques: je les prendrais bien tous les quatre...
Johannesburg Festival Overture, William Walton. Encore un de ces trésors du compositeur britannique. Trouvable sur le même disque que The Wise Virgins, titre de l'arrangement de cantate de Bach par Walton. Un coffret de disques que je recommande à tous.
Je reparle de ce compositeur anglais du XXème. Moins connu que Britten ou Elgar, tout autant annobli qu'eux car tout aussi important et génial, Walton dirigeait souvent ses propres oeuvres, et l'on peut trouver quelques CD où il dirige l'orchestre, comme dans le coffret "The Walton Edition".
Walton a adapté Bach dans le Ballet "The wise virgins". Le résultat est plutôt agréable, comme en témoigne cet extrait, vivace...
Incendie du Reichstag :
le verdict annulé 75 ans après
De notre correspondant à Berlin Pierre Bocev
La peine de mort prononcée contre l'incendiaire du Parlement allemand en 1933, Marinus van der Lubbe, est invalidée, mais les incertitudes demeurent sur un épisode qui marque les débuts du régime nazi.
Formellement, justice est faite. Sur le fond, en revanche, les incertitudes demeurent, trois quarts de siècle après les faits. Le parquet général a annulé la peine de mort prononcée le 23 décembre 1933 contre Marinus van der Lubbe, accusé d'avoir incendié le Reichstag. C'est la conclusion d'un long processus juridique en dents de scie. Mais toujours pas la preuve formelle de la validité de la thèse communément admise selon laquelle le jeune communiste néerlandais a agi seul.
L'invalidation a été prononcée cette semaine en vertu d'une loi de 1998 qui permet d'annuler les jugements iniques de la période nazie entre 1933 et 1945. La demande en avait été faite par un avocat berlinois, Reinhard Hillebrand, qui dit avoir agi par «intérêt historique».
L'incendie du Reichstag à Berlin, le soir du 27 février 1933, a occupé des générations d'historiens après avoir été au centre d'accusations mutuelles des hitlériens et des communistes. Pour la propagande nazie, il s'agissait du «début de la révolte communiste», comme le déclare le soir même Hermann Göring. D'autres témoignages donnent cependant à penser que le régime a saisi l'occasion pour se débarrasser de ses adversaires. Rudolf Diels, le patron de la police prussienne, arrivé immédiatement sur les lieux, est persuadé que van der Lubbe a agi seul.
En tout état de cause, la terreur brune se déchaîne. La promulgation d'un décret présidentiel «pour la protection du peuple et de l'État» par le vieux maréchal von Hindenburg abroge les libertés individuelles et lance la chasse aux sorcières. Les communistes et les intellectuels de gauche sont arrêtés par dizaines de milliers, dont le patron du PC Ernst Thälmann et le journaliste vedette Egon Erwin Kisch. La peine de mort est introduite à titre rétroactif pour punir l'incendie volontaire. Ce décret, qui est resté en vigueur jusqu'en 1945, marque la fin de la démocratie maintenue à bout de bras par la République de Weimar.
Jugement symbolique
Pour Moscou et le Komintern, ce sera l'occasion de lancer une campagne de propagande effrénée sur le thème du complot nazi.
Le procès s'ouvre le 21 septembre 1933 à Leipzig. Comparaissent, pour appuyer la thèse du complot communiste, le député allemand Ernst Torgler et trois Bulgares, dont Gueorgui Dimitrov, futur secrétaire général du Komintern et premier ministre à Sofia qui tient tête par sa rhétorique à Goebbels et Göring. Faute de preuves, les quatre coaccusés seront acquittés, à la fureur de Hitler. Van der Lubbe, lui, est condamné à mort pour «haute trahison» et incendie du Reichstag. Il sera décapité le 10 janvier 1934.
Ce jugement est cassé le 21 avril 1967 par un tribunal de Berlin qui, à titre aussi symbolique que posthume, condamne van der Lubbe à huit ans de prison pour «tentative d'incendie avec effraction». Treize ans plus tard, convaincu qu'il est innocent, Robert Kempner, un des procureurs américains des procès de Nuremberg, en obtient l'acquittement. Ce verdict est à son tour cassé un an plus tard en appel. Extrait du Figaro
C'est étrange comme version. J'ai toujours pensé que ce n'était pas un incendie provoqué par van der Lubbe (et des autres) utilisé pour restreindre les libertés, mais un incendie allumé par la SA dans le même dessein...
La chanson "Die Ballade vom Reichstagbrand", interprétée par Ernst Busch, sur la musique de la Complainte de l'Opéra de Quat'sous de Weill, défend la version du complot SA. C'est une chanson des groupes communistes, donc ils n'allaient tout de même pas incriminer van der Lubbe, mais c'est malgré tout ce que j'ai tendance à croire.
Pour bien répondre à une question qui vous emm.... (en particulier une question qui fiche en l'air votre superbe théorie)
1) Détournez la question. Pour cela, cherchez un domaine qui s'y rapporte vaguement, insistez sur le rapport, et créez un lien de cause à effet qui n'existe pas.
2) Mêlez des éléments de réalité à un discours fictionnel. Utilisez des raisonnements inductifs, c'est-à-dire qui peuvent facilement déboucher sur des généralisations hâtives. Faites en sorte que ces généralisations fassent peur: la peur est un grand moyen de manipuler les foules. De même, individualisez ce qui ne peut l'être et faites des prévisions à long terme fantaisistes, le but étant d'individualiser cette peur qui provient des fantasmes.
3) Blâmez le gouvernement actuel (si vous êtres dans l'opposition), ou les gouvernements précédents, si vous êtres dans la majorité. Si vous êtes un anarchiste du centre, ou un extrémiste de gauche ou de droite, blâmez-les tous ensemble, ça ne peut que faire du bien. Si vraiment vous ne voyez pas quoi dire, blâmez la mondialisation, le climat, la religion, Zeus et Athena, un complot mondial contre le maire de Trifouilly-les-Oies, ou toute autre chose sur lequel un gouvernement seul ne peut pas avoir beaucoup de puissance.
4) Selon la position dans laquelle vous vous trouvez, blâmez le manque de moyens, ou alors la position "purement comptable" de l'adversaire. Coupez l'herbe sous le pied de l'adversaire, pour qu'il évite de vous dire que votre position est purement comptable quand vous demandez plus de moyens...
5) Peut-être la première chose à faire, attaquez-vous à la personne qu'est votre adversaire, pas à ses idées. Caricaturez-le à outrance. Si vous combattez Bruno Cremer, dessinez-le avec une tête en forme de grain de beauté géant. Utilisez des conversations imaginaires pour transformer la caricature en réalité. Le but étant de le détruire dans l'esprit de votre auditeur avant même que d'avoir commencé à débattre des idées.
Corollaire: caricaturez aussi les amis et partenaires de vos adversaires pour obtenir par ricochet le même résultat.
6) Accusez toujours votre adversaire de démagogie avant qu'il ne le fasse lui-même. Pour cela vous pouvez utiliser les points numéro 1 et numéro 2.
7) Accusez votre adversaire de refuser la discussion. Même s'il a discouru avec vous quelques semaines auparavant et que vous êtes parvenus à un accord sur différents points, faites comme si de rien n'était quand vous voyez qu'une partie de l'opinion change. Dites-vous bien que ce n'est pas la girouette qui tourne, c'est le vent...
8) Par la voix de quelque sbire endoctriné (surtout pas par la vôtre, il ne faudrait pas qu'on vous accuse d'insultes), traitez votre adversaire d'idiot, sans parler de ses idées. Cela se rapporte au point 5. Par extension, votre auditeur devra comprendre que les idées de l'adversaire sont idiotes. Il faudra penser à ajouter que votre adversaire est tellement idiot qu'il ne peut pas comprendre pourquoi il est idiot. Comme ça la boucle est bouclée, et tout argument se retourne contre votre adversaire, le tout sans avoir eu à expliquer (vous pourriez avoir des difficultés) en quoi les idées de l'adversaire vous paraissent idiotes.
Corollaire: traitez votre adversaire de fasciste, de raciste (si vous êtes de gauche), de trotskyste ou de stalinien (si vous êtes de droite). Cela suffira à décrédibiliser son discours, dans lequel les journalistes de votre bord relèveront maintenant tout indice qui de près ou de très loin pourra accréditer cette thèse.
9) Utilisez quelques autres sous-fifres endoctrinés pour vous approuver (ou approuver le premier sbire). Ainsi, vous pourrez dire que l'opinion générale vous approuve quand vous aurez une petite dizaine de personnes vous soutenant.
10) Criez au complot contre vous, en utilisant le point 2. Posez-vous en victime. Cela crée une sorte de compassion chez votre auditeur. Et si cela ne crée pas la pitié, que cela énerve votre auditeur, que l'auditeur sent que ce n'est qu'une façon de se dérober et de se victimiser, c'est que de toutes façons l'auditeur en question n'aurait pas voté pour vous.
11) Faites pleurer dans les chaumières. Sans que cela se rapporte à vous, faites comprendre à votre auditeur qu'il y a toujours plus malheureux que lui. Comme ça, vous pourrez lui en prendre plus. L'autre possibilité est de dire à votre auditeur qu'il est le plus malheureux de tous les malheureux. Ainsi, il en sera touché et votera plus facilement pour vous.
12) Faites (fausse) preuve de proximité avec le public. Dites-lui que vous le comprenez, que son problème est très grave. Allez manifester avec lui, avant de regagner discrètement votre appartement du 5ème, ou, encore mieux, votre maison en Belgique. Tant que vous ne payez pas l'impôt, vous pouvez les augmenter.
13) Pour la France exclusivement" oubliez toujours de parler des 50% de français qui ne sont pas soumis à l'impôt sur le revenu. Les calculs auront l'air justes sans pourtant refléter la réalité.
14) Créez des nouveaux mots pour augmenter l'impact du point 11. Ne parlez plus de clandestins, parlez de sans-papiers. Ainsi, vous passez du vocabulaire légal à celui de la pitié, puisqu'ils sont "sans" quelque chose. Sans famille, sans papiers, sans cerveau, etc. Ne parlez plus des SDF, parlez des mal-logés. Cela permet de faire passer ceux qui sont mécontents (et qui peuvent avoir une raison valable, ou pas, de l'être) de leur logement au même rang que ceux qui n'ont rien du tout. Cela crée une autre occasion de pitié.
15) Si vous faite partie d'un gouvernement de droite, et que vous sentez qu'un problème ne pourra pas être résolu de sitôt, et certainement pas sans conflit, dites que vous allez lancer "un grand débat" (si vous êtes raffariniste) ou "un Grenelle de machin-chose" (si vous êtes filloniste). Cela permet de ne rien foutre pendant quelques mois, tout en ayant l'excuse des discussions. Cela permet de ne pas avoir d'opinion bien faite sur le problème et de s'en faire une avant une décision. Cela permet donc d'être élu avec des idées générales mais sans solution très développée pour les résoudre. Notez que l'expresssion "Grenelle de..." est plus pernicieuse (ceci peut faire partie du point 14), car elle fait référence à l'après Mai 68. C'est à dire, une position de force de la gauche, avec des accords conclus mais jamais signés. Si on ouvre un "Grenelle", c'est donc qu'on reconnaît un tant soit peu qu'on recule face à la gauche, tout en se disant que les prochaines élections vous consacreront.
Si vous faites partie d'un gouvernement de gauche, dites aux gens qu'ils vont gagner plus en travaillant moins, qu'ils auront leur retraite à 25ans payée sur le double de leur meilleur trimestre, les smic à 5000 euros, les massages gratuits, des boutiques de choupinous et choupinettes pour leurs fins de soirée, et autres jolies choses. Si l'on vous accuse d'être irréaliste, reportez-vous au point 4 et dites à vos adversaires que leurs arguments sont purement comptables.
16) Accusez aussi les journalistes et personnalités ("people") d'être vendus. Traitez Eric Le Boucher de communiste et Daniel Mermet de fasciste. Tout homme ou courant politique qu'ils soutiendront sera ainsi touché par la salve.
17) L'adversaire est méprisable mais dangereux. En cas de débat, coupez-lui la parole sans vergogne si vous voyez que ce qu'il va dire mine le point principal de votre argumentation, et déviez la conversation. C'est aussi applicable même s'il ne mine pas votre argumentation. Tant que le temps de parole ne peut être compté à cause d'un brouhaha, parlez plus fort que lui...
18) Changez l'adversaire. Si une ville dans laquelle il y a un problème a un maire du bord opposé au gouvernement, blâmez le gouvernement et non le maire, ou le maire et non le gouvernement, selon votre côté. Les deux si vous voulez. Cela permet de dévier les responsabilités et de s'en décharger ou au contraire de charger l'adversaire, alors que l'un des deux niveaux de responsabilité (local ou national) a souvent beaucoup plus à voir dans l'histoire que l'autre.
19) En dernier ressort, fermez-là. Rien de pire que de s'exprimer sur un problème quand on ne connaît pas l'opinion générale et qu'on risque donc de dire une grosse connerie.
Depuis la réforme qui a permis d'utiliser un article féminin pour accompagner les noms masculins de fonctions occupées par des femmes, cet usage s'est largement répandu.
Ainsi, on dira "Mme la maire", même si cette dame est plutôt douce.
On parlera de "La ministre", sans que vous ayez un ami du nom de Nistre.
Dans un lycée, on dira "Mme la censeur", sans que Madame vous transporte entre les étages.
Cette réforme très utile et intelligente nous donne de charmantes expressions... A-t-on aussi prévu de parler de "sages-hommes" pour les gynécologues ?...
Voici un reportage du Monde, où l'on peut entendre divers manifestants contre la réforme Pécresse.
Un étudiant: "Loi réactionnaire, car elle consiste à faire rentrer les entreprises dans l'éducation, c'est à dire que l'éducation ne serait plus considérée comme autonome"
Il est vrai que si l'on veut trouver un job par la suite, la meilleure technique est de se tenir le plus loin possible des entreprises qui risqueraient de nous embaucher... Le "c'est-à-dire" est très vicieux, car il introduit un lien de cause à effet qui n'existe pas. Un lien qui n'est qu'une projection destinée à effrayer. L'éducation dans les universités américaines (où financements public et privés sont équilibrés) est autonome...
Un enseignant-chercheur:
- "désengagement de l'Etat dans le financement des universités" alors que l'Etat augmente de 1.8 Milliards d'euros la dotation des universités ? Le gouvernement veut certainement augmenter la part du privé, mais certainement pas réduire celle du public.
- "gestion de type entrepreuneurial." Une affirmation guère meilleure que celles du FN en ceci qu'elle est imaginaire et faite pour susciter la peur. Et en quoi une bonne gestion serait-elle moins bonne qu'un tonneau des danaides ? L'exemple américain prouve que l'implication de l'entreprise dans l'université ne conduit pas à la suppression des départements en sciences humaines, histoire, etc (ou tout autre département non scientifique). Il permet au contraire aux étudiants américains d'avoir un contact plus facile avec les possibles recruteurs, donc de trouver un job plus facilement qu'en France. Donc NON les entreprises n'ont pas de "droit de regard" sur les programmes. Sinon les programmes seraient identiques dans chaque université américaine. Ce sont les enseignants-chercheurs qui adaptent les programmes aux besoins du monde réel, que ce soit celui de l'entreprise ou celui de la recherche.
- "risques de précarisation des personnels de l'enseignement supérieur et de la recherche". Le salaire des profs américains est comparable à ce qu'ils gagneraient dans une entreprise. C'est à dire très largement supérieur à ce qui est la norme en France. Où est la précarisation ?
En conclusion, comment peut-on accorder une quelconque crédibilité à ces manifestations purement politiques, alors que les personnes interrogées ont recours à des généralisations hâtives, si ce ne sont des mensonges, destinées à faire peur aux étudiants qui pourraient encore douter. Il s'agit de méthodes extrémistes en ceci que l'on part de faits réels (les propositions de loi) pour les lier avec des conséquences imaginaires, que l'on n'observe même pas au pays du grand satan...
Si vous vous souvenez de ce court article (censé stimuler la curiosité, mais n'ayant manifestement pas réussi), voici donc la publicité en question:
Ceci pour dire que malheureusement Robert Goulet , qui avait été le créateur de Lancelot dans le Camelot de Lerner et Loewe à Boradway, nous a quittés mardi. Robert Goulet était un excellent baryton. Il ne faisait pas que des publicités idiotes... En se souvenant des hommes de talent, pensons à leurs familles. Croyants, priez.
Sleuth: une autre version du film de 1972 (avec Laurence Olivier et Michael Caine) devrait être 'bientôt' dans les salles. Le rôle que tenait Michael Caine sera interprété par Jude Law (de même que pour Alfie), et celui que tenait Laurence Olivier par ... Michael Caine.
Miss Congeniality: TBS repassait hier soir cette bonne croûte qui se passe principalement à San Antonio. On ne voit pas grand chose de la ville, si ce n'est quelques secondes d'Alamo et le Riverwalk. Sandra Bullock dans un rôle sur-mesure, et un excellent M. Caine. Comme quoi l'on peut faire des grands rôles autant que des films alimentaires...
Ceci non pas pour vous familiariser avec la géographie des USA, mais pour vous inviter à en découvrir plus dans le "coffret Lenya" produit par Bear Family records. 220 euros pour 11 CD, un beau livre, une reproduction de 78tours (en fait un 33 tours de petit format), le tout rassemblé dans un solide coffret, c'est une bonne affaire.
Un livre sur lequel je suis tombé par hasard, en butant sur une pile par terre dans une librairie de bouquins anciens.. Il s'agit de la "dramatique" du téléfilm, d'après A. Anicet-Bourgeois et J. Maillans. La pièce originale est disponible sur Google Books. Noter aussi une pièce d'Eugène Scribe, un opéra de Gounod .
Extrait:
Fritz, hurle
Au secours ! A l'aide ! Au meurtre ! A l'assassin !
Conrad sort en courant de la petite porte et rejoint Fritz.
Conrad
Qu'y a-t-il ? Tu es blessé ?
Fritz
J'ai vu le spectre et j'ai trouvé un cadavre...
Il montre l'obstacle sur lequel il a buté. C'est le corps d'un homme ensanglanté. Conrad se penche et soulève l'homme qui ouvre les yeux.
Pour les amateurs de musique "country", venez au Texas où l'on peut entendre (et regarder) régulièrement Tim McGraw, un des chanteurs 'country' les plus connus en ce moment...